Merci Alain Dubos pour ce beau roman ! J’ai adoré ! Du début à la fin !…
Le héros, Marc, médecin humanitaire, revient dans les Landes pour les obsèques de son père qu’il n’a pas revu
depuis plusieurs mois, et qui a trouvé la mort au cours de la tempête de décembre 1999. Alors qu’il envisage de revendre la maison de la Théoulère, car il a toujours voulu fuir la moindre
attache, il apprend de la bouche de son oncle, que son père, joueur invétéré, a laissé derrière lui de lourdes dettes, notamment auprès de ce dernier.
Son oncle lui propose de racheter la propriété en contre-partie des dettes, mais Marc hésite…
Il rencontre sa jeune cousine Solange. Celle-ci lui fait découvrir la forêt landaise sous un autre jour, et
ils s’éprennent l’un de l’autre…
J’ai eu l’impression que dans ce roman, Alain Dubos s’était « un peu lâché » à exprimer ses vrais
ressentis à l’égard de ces grands propriétaires forestiers et leurs petits stratagèmes pour accroître sans cesse l’étendue de leur propriété ; de même, par la bouche de son héros, j’ai senti
un regard quelque peu désabusé quant aux acteurs de l'humanitaire, dont certains cherchent à se glorifier ou à trouver un débouché qui leur vaut la reconnaissance du gouvernement… déçu sans doute
que bon nombre d’entre eux aient oublié les raisons altruistes qui les ont poussés à s’y engager…
J’ai beaucoup aimé la description des personnages (ah ! le long nez des landais !) et de leur
mentalité terrienne, la description des lieux (je m’y serais crue, notamment quand il a été question du pont de Bats ; adolescente, j’y rejoignais souvent mes copines dans le moulin qui le
jouxte). La description des fêtes de la Madeleine, auxquelles j’ai participé dans ma jeunesse est criante de vérité, on s’y croirait !…
Et puis comme d’habitude, j’ai découvert de nouveaux mots pour lesquels, je n’ai pas honte de le dire, je
suis allée chercher le sens dans le dictionnaire… Je ne parle pas des jurons locaux (hilh de pute, diou bibant ou macareou...) ou encore des mots comme festayre, pinhadar, mounjingue, ou
borrachos que je connais et qui ne se trouvent de toute façon pas dans le dictionnaire français... Non, je parle de : l'impéritie, l'ancillarité, le cénacle, les antiennes, la componction ou
encore de ces adjectifs : hypoxémique, clanique, cacochyme, abscons, putatif...
J’ai le sentiment que dans ce roman, Alain Dubos y a mis beaucoup de lui-même tant les émotions dépeintes
sont fortes !
Encore merci pour ce beau roman que je n’ai pu lâcher qu’une fois terminé et que je relis tout de suite pour
mieux m’imprégner de certaines expressions ("nourriture pour phobique du goût"… " la ville était une éponge assoiffée"...ça me plaît
beaucoup ! Mdr !).
Et merci à vous Alain, de m'avoir signalé sa sortie !...
